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RDC : la MONUSCO prête à utiliser ses moyens en appui à l’armée congolaise face aux rebelles au Nord-Kivu

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À Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, des Casques bleus du Malawi sécurisent un village avant de partir en patrouille. (archive)

Alors que des manifestations ont eu lieu à Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), pour dénoncer l’inaction des autorités face aux tueries du groupe armé des Forces démocratiques alliées (ADF), la Mission des Nations Unies dans ce pays (MONUSCO) a déclaré être prête à apporter son appui aux forces armées congolaises (FARDC) si la demande en est faite.

« On ne peut pas participer aux opérations des FARDC si les FARDC ne nous invitent pas à y participer. Les opérations qui étaient lancées le 30 octobre sont des opérations que les FARDC ont voulu comme étant nationales, sans soutien, sans planification, sans exécution conjointe avec la MONUSCO », a déclaré dimanche le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général en RDC, François Grignon, au micro de Radio Okapi, la radio de l’ONU dans le pays.

M. Grignon réagissait ainsi aux manifestations de jeunes à Beni, dans la province du Nord-Kivu, qui accusent la MONUSCO d’inaction depuis le début de cette offensive le 30 octobre dernier.

Au cours de ces opérations de l’armée congolaise, la MONUSCO est venue cependant en appui pour évacuer les blessés et partager des renseignements éventuels.

« Nous sommes prêts à utiliser nos moyens d’attaque – soit aériens – et la puissance de feu qui existe dans la mission, à partir du moment où on identifie des cibles militaires claires », a indiqué M. Grignon, insistant sur la nécessité d’éviter de faire plus de victimes parmi les civils.

« Penser que nous puissions mener des opérations unilatérales sur un théâtre où vous avez déjà les FARDC qui opèrent, c’est complétement illusoire. Vous risquez d’avoir des incidents entre forces amies », a souligné le Représentant spécial adjoint.

Le Bureau de la MONUSCO à Beni endommagé

Selon des informations rapportées par la presse, des émeutiers ont envahi et mis le feu à un camp des Nations Unies lundi 25 novembre à Beni, où les habitants dénoncent un nouveau massacre de civils attribué aux ADF et l’inaction des Casques bleus. Avant de s’attaquer au camp onusien, des manifestants avaient incendié la mairie, qui a été partiellement détruite.

« Le Bureau de la Mission à Beni a été endommagé après une attaque et le personnel redéployé sur un autre site », a précisé lundi la MONUSCO sur son compte Twitter. La mission onusienne a lancé un appel au calme et à la responsabilité à Beni, alors que les manifestations violentes se poursuivent.

S’attaquer à la MONUSCO et aux autorités locales ne fait qu’affaiblir la lutte menée contre les ADF

A l’invitation du gouvernement congolais, la cheffe de la MONUSCO, Leila Zerrougui, s’est rendue lundi à un Conseil national de sécurité présidé par le Président Felix Tshisekedi et réunissant ministres et membres de l’état-major.

Mme Zerrougui a souligné qu’elle comprenait la colère et la frustration de la population. La Représentante spéciale du Secrétaire général en RDC a néanmoins souligné que s’attaquer aux installations de la MONUSCO et à celles des autorités locales à Beni ne fait qu’affaiblir la lutte menée par les FARDC contre les ADF.

« La MONUSCO va renforcer la coopération avec ses partenaires et travailler étroitement avec les autorités pour trouver conjointement des solutions en faveur de la population de Beni », a précisé lundi la mission onusienne sur Twitter.

Mme Zerrougui a fait part de son inquiétude face à la diffusion d’informations mensongères et d’appels à la violence sur les médias sociaux. La MONUSCO a appelé les acteurs politiques, religieux et médiatiques à soutenir le retour au calme qui est nécessaire pour lutter contre les ADF.

« L’unité, le calme et la détermination doivent nous guider pour mettre fin aux agissements criminels et lâches des ADF contre les populations civiles », a déclaré la Représentante spéciale.