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Les enfants sont moins infectés mais fortement impactés par la Covid-19

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A l’école primaire Preah Norodom, à Phnom Penh, au Cambodge, tous les élèves, les enseignants et le directeur de l’école portent des masques et maintiennent une distance physique.

Neuf mois après le début de l’épidémie de coronavirus, la moitié de la population étudiante mondiale ne peut toujours pas retourner en classe, ont déploré mardi l’OMS, l’UNESCO et l’UNICEF.

« Au plus fort de la pandémie de COVID-19, les écoles ont fermé leurs portes dans 192 pays, renvoyant 1,6 milliard d’élèves chez eux.  Aujourd’hui, 872 millions d’élèves dans 51 pays ne peuvent toujours pas retourner dans leurs classes », a déclaré la Directrice éxécutive de l’UNICEF Henrietta Fore lors d’une conférence de presse conjointe en fin de journée mardi.

Même si des millions d’enfants ont pu continuer à apprendre à distance, par le biais de l’Internet, de la télévision ou de la radio, au moins 463 millions ont été privés d’éducation parce qu’il n’existait pas d’option à distance, regrettent les trois agences.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’UNESCO et l’UNICEF exhortent les gouvernements à faire de la réouverture des écoles une priorité et ont publié de nouvelles directives pour y arriver de façon sûre.

« Avant la pandémie, le monde était déjà confronté à une crise de l’apprentissage – tant en termes d’accès à l’éducation que de qualité de celle-ci pour chaque enfant », a expliqué la Sous-Directrice générale de l’UNESCO pour l’éducation, Stefania Giannini, lors d’un entretien avec ONU Info.

« Si nous n’agissons pas maintenant, nous sommes confrontés à un vrai risque d’une catastrophe générationnelle », a-t-elle ajout citant le Secrétaire général de l’ONU.

© UNICEF/Nahom Tesfaye
Un jeune garçon en Éthiopie suit sa classe par radio en raison de la fermeture d’écoles liée à la pandémie de Covid-19 à travers le pays.

Les enfants moins infectés mais tout autant impactés

Comprendre comment la COVID-19 affecte les enfants est l’une question prioritaire depuis le début de la pandémie,
« De nombreuses questions restent en suspens, mais nous commençons à avoir une image plus claire », a affirmé lors de la conférence de presse le Directeur général de l’OMS, le Dr Tedros.

Les enfants et les adolescents peuvent être infectés et en infecter d’autres personnes ; le virus peut les tuer mais ils ont toutefois une tendance à avoir une infection plus légère.

Les données citées par les trois agences montrent que moins de 10% des cas signalés et moins de 0,2% des décès concernent des personnes de moins de 20 ans.

Cependant, il est nécessaire d’approfondir les recherches sur les facteurs qui augmentent le risque de maladie grave et de décès dus à la COVID-19 chez les enfants et les adolescents.  Et les effets potentiels à long terme sur la santé de ceux qui ont été infectés restent inconnus.

« Bien que les enfants aient été largement épargnés par les effets les plus graves du virus sur la santé, ils ont souffert d’autres façons », a déclaré le chef de l’OMS.

PAM/Alexis Masciarelli
Des enfants de la municipalité de Kenscoff, en Haïti, recevant un repas scolaire fourni par le PAM (photo d’archives).

L’école, centre de bien-être des enfants

Selon les agences de l’ONU, la fermeture des écoles pendant de longues périodes peut avoir des conséquences dévastatrices pour les enfants.

« Ils deviennent plus exposés à la violence physique et émotionnelle. Leur santé mentale est affectée. Ils sont plus vulnérables au travail des enfants et aux abus sexuels, et ont moins de chances de sortir du cycle de la pauvreté », a expliqué la Directrice exécutive de l’UNICEF Henrietta Fore lors de la conférence de presse.

Elle a rappelé que pour les pour les plus marginalisés, le fait de ne pas aller à l’école « même si ce n’est que pour quelques semaines » peut entraîner des conséquences négatives qui durent toute la vie.

« Nous savons qu’au-delà de l’apprentissage, les écoles offrent aux enfants des services vitaux de santé, de vaccination et de nutrition, ainsi qu’un environnement sûr et favorable », a précisé Mme Fore, ajoutant que « ces services sont mis en suspens lorsque les écoles sont fermées ».

Plus les enfants restent longtemps en dehors de l’école, moins ils ont de chances d’y retourner, souligne également l’ONU, signalant qu’au moins 24 millions d’enfants abandonneront l’école à cause de la COVID.

« C’est pourquoi nous demandons instamment aux gouvernements de donner la priorité à la réouverture des écoles, lorsque les restrictions sont levées », a ajouté Mme Fore.

L’ONU exhorte ainsi les gouvernements à prendre en compte tous les besoins des enfants qu’accueillent les établissements scolaires – apprentissage, protection, santé physique, santé mentale – et à veiller à ce que l’intérêt supérieur de chaque enfant passe avant tout.

« Dans cette crise nous avons compris l’importance d’avoir l’école comme centre pour l’apprentissage mais c’est aussi le centre pour la nutrition, pour la santé, c’est le centre pour le bien-être des enfants »,  a expliqué Mme Giannini.

© UNICEF/Jonathan Shadid
En République démocratique du Congo, contrôle de la température pour des élèves d’une école primaire à Mbandaka, dans la province de l’Equateur, qui affectée par une épidémie d’Ebola.

De nouvelles directives

L’OMS, l’UNESCO et l’UNICEF ont ainsi publié lundi des conseils actualisés sur la manière de gérer les écoles de la façon la plus sûre possible pendant la pandémie de COVID-19.

Ces conseils, à l’intention des décideurs politiques et des éducateurs, ont été élaborés en examinant les diverses approches qui permettent le fonctionnement des établissements scolaires tout en réduisant les facteurs de risque.

Ils tiennent compte du niveau et de l’intensité des taux de transmission aux niveaux de scolarité primaire, des considérations appropriées à l’âge pour des mesures telles que la distanciation physique et le port du masque dans les écoles et d’autres mesures pour atténuer les effets de la COVID-19 dans les écoles.

Selon les trois agences onusiennes, la continuité de l’éducation des enfants pour leur bien-être général, leur santé et leur sécurité doit figurer au premier plan de de toutes les considérations et décisions au moment d’organiser la scolarisation des enfant de moins de 18 ans.

Les directives proposent aussi des recommandations clés qui peuvent être adaptés non seulement aux écoles, mais aussi à des contextes scolaires spécifiques,comme les activités extrascolaires.

Les mesures spécifiques recommandées dans cette mise à jour comprennent l’échelonnement des horaires d’ouverture et de fermeture des écoles, des heures de repas et des pauses, des installations pour le lavage des mains, le nettoyage des surfaces et des objets partagés, et la mise en place de mécanismes pour partager les informations avec les parents, les élèves et les enseignants.