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Le coronavirus va entraîner une chute importante des investissements, selon l’ONU

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Le coronavirus va faire chuter les investissements directs étrangers, estime la CNUCED
26 mars 2020

La pandémie de Covid-19 va entraîner une baisse importante des investissements directs étrangers (IDE) à travers le monde cette année, a indiqué jeudi une agence des Nations Unies.

Selon les dernières projections de la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement (CNUCED), l’apparition et la propagation du coronavirus entraîneront « une chute spectaculaire » des IDE.

« Depuis notre premier numéro spécial sur l’impact de la pandémie, les estimations actualisées de l’impact économique et les révisions des bénéfices des plus grandes entreprises multinationales suggèrent maintenant que la pression à la baisse sur les IDE pourrait être de -30 % à -40 % en 2020-2021 », relève l’agence onusienne dans son dernier bulletin.

Début mars, la CNUCED avait estimé que la croissance annuelle des IDE reculerait entre -5% et -15% par rapport aux estimations de janvier. Elle tablait alors sur la stabilité des IDE sur la période 2020-2021 ou sur une croissance modeste (+5%). Mais entre-temps, la maladie s’est propagée dans le monde avec ses dégâts collatéraux.

« Les projections concernant l’impact économique du Covid-19 deviennent de plus en plus sérieuses », a depuis reconnu l’agence onusienne basée à Genève. Une façon de rappeler que les premières prévisions selon lesquelles l’impact se ferait sentir avant tout par les effets d’entraînement causés par les arrêts de production et les perturbations de la chaîne d’approvisionnement en Asie de l’Est – en particulier en Chine – sont « dépassées » par les événements.

Désormais, l’impact ne se limite pas seulement aux économies étroitement intégrées aux chaînes de valeur mondiales et donc dépendantes de l’économie chinoise. « Il est désormais évident que les efforts d’atténuation de la pandémie et les blocages dans le monde entier auront des effets dévastateurs sur toutes les économies, indépendamment de leurs liens avec les réseaux d’approvisionnement mondiaux », souligne la CNUCED.

Les 5000 premières multinationales ont revu une baisse d’un tiers de leurs revenus

Pour mieux illustrer l’impact de la pandémie du Covid-19, la CNUCED fait le parallèle avec la crise financière mondiale de 2008 qui peut fournir quelques indications sur les ordres de grandeur. Selon l’agence onusienne, l’impact négatif réel du coronavirus pourrait être nettement plus important à plusieurs égards.

Tout d’abord, il pourrait être beaucoup plus étendu, affectant les IDE et les investissements dans les pays en développement autant que dans les économies développées, voire plus. Deuxième schéma tant redouté, l’impact pourrait même être beaucoup plus immédiat, car le choc de la demande s’accompagne d’interruptions et de reports forcés des projets d’investissements.

Bien que la pandémie ne soit pas une crise du secteur financier, si elle devait le devenir – car les entreprises touchées par la crise ne sont pas en mesure de faire face à leurs obligations financières – elle aurait alors un effet « en cascade supplémentaire sur les flux d’investissement mondiaux ». D’autant que la fermeture physique des lieux d’affaires, des usines de fabrication et des chantiers de construction entraîne des retards immédiats dans la mise en œuvre des projets d’investissement.

La CNUCED note également que d’autres dépenses seront entièrement bloquées. À titre d’indication de l’impact immédiat potentiel des blocages, les investissements en actifs fixes ont chuté de 24,5 % en Chine au cours des deux premiers mois de cette année. « Les mesures de verrouillage n’ayant pris effet qu’après la mi-janvier et de manière inégale dans toute la Chine, il est probable que l’effet soit bien plus important », avertit l’agence onusienne.

Plus largement, le Covid-19 n’est plus seulement un problème pour la chaîne de valeur mondiale. En moyenne, les 5.000 premières multinationales, qui représentent une part importante des IDE, ont maintenant vu leurs estimations de revenus pour 2020 révisées à la baisse de 30 % en raison du coronavirus. Et selon la CNUCED, la tendance devrait se poursuivre.

Les industries les plus touchées sont celles de l’énergie et des matériaux de base (-208 % pour l’énergie, avec le choc supplémentaire causé par la chute des prix du pétrole), les compagnies aériennes (-116 %) et l’industrie automobile (-47 %). Cette dernière industrie a été la première à avoir révisé ses bénéfices pour anticiper le choc de la chaîne d’approvisionnement. Les industries qui s’attendent maintenant à être touchées par une baisse de la demande mondiale rattrapent rapidement leur retard