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Journée de la vie sauvage : l’ONU appelle à une relation plus attentionnée avec la nature

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Lever de soleil sur le lac Chapala au Mexique.

Partout dans le monde, les gens doivent se rappeler que nous dépendons de la Terre-Mère pour survivre, déclare le chef de l’ONU dans un message pour la Journée mondiale de la vie sauvage célébrée chaque année le 3 mars, plaidant pour « une relation plus bienveillante, réfléchie et durable avec la nature ».

L’humanité est tissée dans « la riche tapisserie de la vie qui compose la diversité biologique de notre monde », a déclaré le Secrétaire général António Guterres.

« Toutes les civilisations humaines ont été et continuent d’être construites sur l’utilisation d’espèces de flore et de faune sauvages et cultivées, de la nourriture que nous mangeons et  à l’air que nous respirons », a-t-il ajouté dans son message.

Et pourtant, aujourd’hui, près d’un quart de toutes les espèces de la planète risquent de disparaître au cours des prochaines décennies.

Il semble que l’humanité ait oublié à quel point nous avons besoin de la nature pour notre survie et notre bien-être – António Guterres

« Il semble que l’humanité ait oublié à quel point nous avons besoin de la nature pour notre survie et notre bien-être », a déploré le Secrétaire général.

Alors que la population mondiale et ses besoins continuent de croître, les gens insistent pour exploiter les ressources naturelles – y compris les plantes et les animaux sauvages et leurs habitats – de manière non durable, a-t-il ajouté.

Dans son évaluation mondiale 2019, le Groupe intergouvernemental d’experts sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) souligne combien le taux mondial actuel d’extinction des espèces est non seulement endémique, mais s’accélère à un rythme qui est « des dizaines à des centaines de fois plus élevé » qu’avant que les êtres humains n’habitent la planète.

« En surexploitant la faune, les habitats et les écosystèmes, l’humanité met en danger à la fois elle-même et la survie d’innombrables espèces de plantes et d’animaux sauvages », a déclaré le chef de l’ONU.

En cette Journée mondiale de la faune, M. Guterres a exhorté chacun à « se rappeler notre devoir de préserver et d’utiliser durablement la grande variété de la vie sur la planète ». « Poussons pour une relation plus attentionnée, réfléchie et durable avec la nature. Un monde de biodiversité florissante fournit les bases dont nous avons besoin pour atteindre nos objectifs de développement durable (ODD) d’un monde de dignité et d’opportunités pour tous sur une planète saine ».

Photo ONU/John Isaac
Protéger la vie sauvage.

Sensibiliser de toute urgence

Le thème de la Journée mondiale de la vie sauvage 2020, ‘Soutenir toute vie sur Terre’, englobe toutes les espèces animales et végétales sauvages en tant que composante de la biodiversité. Il met également en lumière les moyens de subsistance des personnes, en particulier celles qui vivent le plus près de la nature.

En décembre 2013, l’Assemblée générale a décidé de proclamer le 3 mars Journée mondiale de la vie sauvage. Cette date marque le jour où la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES) a été adoptée en 1973 .

Pour, Inger Andersen, Directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), la journée est une occasion de sensibiliser « de toute urgence au sort de la nature, au sort de la faune et à ce que cela signifie pour le bien-être humain et la planète ».

« La science nous dit que près d’un million des huit millions d’espèces sur notre planète sont menacées d’extinction », a-t-elle déclaré. « Nous perdons des espèces en moyenne à un taux 1.000 fois à celui de l’extinction naturel. C’est une catastrophe que nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre ».

La Secrétaire générale de la CITES, Ivonne Higuero, a rappelé pour sa part que « les humains du monde entier profitent chaque jour de la faune  : « Nous utilisons des plantes et des animaux sauvages pour satisfaire nos besoins les plus élémentaires : de l’air que nous respirons, à la nourriture que nous mangeons, aux matériaux que nous utilisons pour nous abriter et nous réconforter », a-t-elle  déclaré.

Mais elle a prévenu que, de plus en plus, « l’exploitation non durable de la faune et de la flore sauvages et de leurs écosystèmes menace leur survie ».

« Chaque pièce du puzzle de la vie est essentielle et perdre même la plus petite de ces pièces nous laisse, et la planète entière, plus pauvre », a affirmé Mme Higuero. « Lorsque les actions humaines mettent en danger des centaines de milliers d’espèces, comme elles le font aujourd’hui, c’est toute la biosphère – dont nous faisons également partie – qui est menacée ».