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Forécariah : Une société minière de droit guinéen est-elle sacrifiée au profit d’Ashapura ?

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 En 2015, deux sociétés minières évoluant dans le Fer à Forécariah sont tombées en faillite. Il s’agit de Forécariah Guinée Mining qui détenait la mine de Yomboyéli et avait atteint la phase d’exploitation de son gisement ; de SKY Alliance Ressource Guinée SA(SARI) qui avait fait des études approfondies de sondage sur son permis. Très malheureusement ces entreprises ont été confrontées à un blocus financier qui a hypothéqué  leur évolution.

La Société Forécariah Guinéa Mining va officiellement liquider ses actifs à la société indienne Ashapura avec l’assistance du Ministère des Mines et de la Géologie. Le 05 juin 2019, l’indien et département des mines ont signé trois accorts par rapport à ce projet. Le premier accord tablait sur la reprise de la mine de yomboyéli, Ashapura s’est engagé à désintéresser à hauteur de 25 millions de dollars les créanciers de Forécariah Guinéa Mining. Le deuxième accord a porté sur la réattribution du titre minier de Forécariah Mining. Le troisième accord a concerné la rétrocession des installations portuaires de Forécariah Mining, qui redeviennent la propriété de l’Etat à travers l’Agence National de l’Aménagement des infrastructures minières (ANAIM)

Mais à la surprise générale de tout le monde, sous prétexte de nécessité d’augmenter les ressources en minerai de fer le projet situé à yomboyéli, le Ministère des Mines et de la Géologie a adressé une lettre d’autorisation le 19 janvier 2020 à la direction générale de la société Ashapura de commencer les travaux et études géologiques sur un périmètre dont SARI revendique la paternité.

Interrogé par notre rédaction pour savoir s’il a été associé à la vente de son permis à la société indienne, le patron de SARI Mohamed Joe BANGOURA nous a indiqué qu’il n’a jamais renoncé à son permis. Ni être associé à une quelconque liquidation de son permis à une société.

Selon une source proche de ce dossier, Ashapura aurait payé 7 millions de dollars aux cadres de l’administration minière guinéenne pour reprendre le permis de SARI. Un montant qui ne serait pas déposé d’ailleurs aux trésors publics.

Alors que nous apprenons que SARI  a investi 17 millions de dollars dans les différentes études de prospection sur ce permis, y compris les investissements sociaux et communautaires dans les différents districts des sous-préfectures d’Allassoyah et de Kaliah qui couvre le projet de SARI à Forécariah.

La minerai de fer qui se trouve sur ce permis est très complexe. Trois minéraux y sont entremêlés : le fer, la bauxite et le cilica. Il faut une haute technologie pour séparer les trois minéraux et rehausser la teneur du minerai de fer. Et cela demande des gros moyens financier à l’appui. Ce qui a obligé Mr BANGOURA à un moment donné d’aller Trouver un partenaire à l’extérieur pour  soutenir le cout de réalisation du projet.

Et pendant que Mohamed Joe BANGOURA a trouvé le partenariat d’une société américaine du nom de Pawer Limited prêt à travailler avec SARI sur la mine de Forécariah, la société indienne Ashapura a déjà commencé les travaux sur ce permis sur autorisation du Ministère des mines et de la géologie.

Cette confusion voulue par les hauts cadres de l’Administration minière guinéenne suscite une interrogation capitale : pourquoi Mohamad Joe Bangoura n’a pas été associé à toute prise de décision sur son permis ?

Toumany CAMARA

Tél : 623-63-33-54

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